ANALYSE DES ECHECS PHILIDOR 1749

27 août 2018 - 10:51

L'auteur: François Danican dit "Philidor" Père musicien puis Bibliothécaire de la Musique de Louis XIV,retraité à Dreux.Il est orphelin à 6 ans et rejoint la chorale de la chapelle royale de Versailles. Formation musicale très solide.Il apprend le jeu en voyant jouer les musiciens de la chapelle,qu'il bat à dix ans.A 14 ans il quitte la formation,vient à Paris. Joue avec le chevalier de Legall,qu'il bat bientôt,recopie la musique,compose.Le chevalier de Jaucourt le cite dans l'encyclopédie de Diderot pour avoir gagné trois parties simultanées dont deux à l'aveugle.Il aide une de ses soeurs dans un commerce de mercerie et part à l'étranger où il vit des échecs et dames polonaises (10x10).C'est en Hollande au QG anglais qu'il réunit la souscription pour son livre "L'analyse des échecs" Il a 23 ans. Ce livre connaîtra un succès considérable, 100 rééditions jusqu'en 1870. Il révolutionne la manière d'aborder le jeu car plutôt d'apprendre par coeur des suites de coups et variantes, il propose un mode de pensée accessible à tous.

Suivons des extraits de son livre:

Je me suis gardé d'imiter ces auteurs qui ne sachant comment remplir leur feuilles les ont farcies d'une quantité de jeux rangés,(mais plutôt jeux d'enfants car leurs situations ne se rencontreront pas une fois en mille ans) pour montrer des fins de parties qui n'aboutiront à rien: les amateurs se contenteront j'espère leur avoir donné un Modicum et Bonum qui est utile,instructif et qui peut se rencontrer dans toutes les parties.

Mon but principal est de me rendre recommandable par une nouveauté dont personne ne s'est avisé, ou peut être n'en a été capable, c'est celle de bien jouer les Pions,ils sont l'âme des Echecs,ce sont eux uniquement qui forment l'attaque et la défense; et de leur bon ou mauvais arrangement dépend entièrement le gain ou la perte de la partie

Le joueur qui ne sait pas (même en jouant bien un pion) la raison pour laquelle il le joue, est comparable à un général qui a beaucoup de pratique et peu de théorie.

Les parties avec renvois valent surtout par les conseils donnés en notes .

Exemples:

Lorsque vous vous trouvez dans la situation présente,savoir:un de vos pions à la quatrième case de votre roi,et l'autre à la quatrième case de votre dame,il faut se garder d'en pousser aucun des deux,avant que votre adversaire se propose d'échanger l'un pour l'autre,c'est ce que vous éviterez alors en poussant le pion qui est attaqué . Il faut remarquer que les pions soutenus sur la même ligne (comme font à présent ces deux pions) empêchent beaucoup de pièces de l'adversaire de se porter dans votre jeu . Cette règle peut servir pour tous les pions situés ainsi.

Si au lieu de sortir ses pièces (comme il fait en jouant le cavalier) il s'avisoit de continuer à pousser ses pions,il perderoit beaucoup plus facilement la partie parce qu'il faut observer qu'un pion,ou même deux, lorsqu'ils sont trop avancés (( à l'exception que toutes les pièces n'ayant un champ libre pour les secourir;ou que les dits pions ne puissent être soutenus et remplacés par d'autres; Il faut les compter comme perdus.

En résumé, plutôt que des suites de coups, ce sont les conseils issus de positions concrètes qui sont à retenir. I.l donne un mode d'emploi pour penser par soi même à base de principes simples d'où le succès

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